Autoédition : les erreurs les plus fréquentes avant la publication
L’autoédition offre une liberté inédite aux auteurs : celle de publier à leur rythme, selon leurs propres choix éditoriaux, sans dépendre d’une maison d’édition. Mais cette liberté s’accompagne de responsabilités que beaucoup découvrent en chemin, parfois trop tard.
- Publier trop tôt
C’est l’erreur la plus fréquente, et sans doute la plus coûteuse. Après des mois, parfois des années, d’écriture, la tentation de publier est forte. Le texte semble abouti, les proches l’ont lu et apprécié, et l’impatience de partager son œuvre devient difficile à contenir.
Pourtant, un manuscrit que l’auteur considère comme terminé n’est pas nécessairement un manuscrit prêt à être publié. Il existe une différence fondamentale entre un texte dont on est satisfait et un texte qui a été soumis à un regard extérieur, professionnel et impartial. Cette étape – la correction – est trop souvent sautée, avec des conséquences souvent visibles dès les premières pages.
- Confondre relecture personnelle et correction professionnelle
Relire son propre texte, même plusieurs fois, même avec le plus grand soin, ne remplace pas une correction professionnelle. Le biais cognitif est inévitable : l’auteur connaît son texte par cœur, et son cerveau comble automatiquement les lacunes, lisse les erreurs, anticipe les mots. Il ne lit plus ce qui est écrit – il lit ce qu’il a voulu écrire. Le faire lire à son entourage peut permettre de gommer certaines erreurs, mais, par expérience, je peux affirmer que cela ne permet pas au texte d’être corrigé.
Une correctrice professionnelle lit le texte tel qu’il est. Sans a priori, sans familiarité, sans subjectivité, mais, surtout, avec technique. C’est précisément cet écart de regard qui fait toute la différence. Elle est formée à détecter au premier coup d’œil une incohérence, une erreur de syntaxe, une formulation bancale, et toutes ces fautes qui passent inaperçues au quotidien. Du fait de son expertise, elle sait où chercher les informations en cas de doute. Et le doute est la base de la correction. Remettre en question ce qui interpelle, et aller chercher la solution pour être sûre que tout est correct pour chaque contexte.
- Négliger la cohérence interne
Un roman, c’est un univers. Un univers qui a ses propres règles, sa propre géographie, sa propre chronologie. Les incohérences internes – un personnage aux yeux bleus au chapitre 3 et aux yeux verts au chapitre 17 ; une ville dont la distance varie d’un chapitre à l’autre ; un événement dont la date ne correspond pas à ce qui a été établi plus tôt – sont extrêmement fréquentes, et presque impossibles à détecter seul·e sur un texte long. Une correctrice se détache de l’intrigue afin d’être efficace et détecter la plus petite incohérence.
Ces détails peuvent sembler anodins, mais, lors de la lecture, ils brisent la cohérence de l’univers dans le lequel est plongé les lecteurs·rices et fragilisent la confiance accordée à l’auteur·ice.
- Sous-estimer l’importance de la mise en page
Une fois le texte corrigé, la mise en page est une étape à part entière : elle aussi mérite soin et rigueur. Des marges mal réglées, des espacements incohérents, des veuves et orphelines non corrigées, une typographie approximative sont autant d’éléments qui, même dans un texte par ailleurs excellent, donnent une impression d’amateurisme difficile à dépasser.
- Ignorer les retours des lecteurs·rices après publication
Certain·e·s auteurs·rices découvrent les erreurs de leur texte… dans les commentaires de leur lectorat. C’est une situation inconfortable. Un avis négatif mentionnant des fautes répétées ou des incohérences peut peser lourd sur les ventes et le bouche-à-oreille, et on ne peut plus le contrôler une fois le livre publié.
La correction est une étape essentielle, ce n’est pas un luxe, une lubie dont on peut faire l’impasse.
Vous avez un projet en cours ? Nous pouvons en discuter afin de programmer l’étape de la correction.
