Bêta-lecteurs vs correctrice professionnelle : quelles différences ? — AC-Correction

Pourquoi la bêta-lecture ne remplace pas une correction professionnelle

Les bêta-lectrices professionnelles jouent un rôle précieux dans le processus d’écriture. Elles sont souvent les premières à lire un manuscrit dans son intégralité, à réagir à l’histoire, aux personnages, au rythme général du récit. Leurs retours sont une aide considérable pour identifier ce qui fonctionne, ce qui accroche, ce qui manque de clarté.

Le retour que vous recevez de votre manuscrit peut s’apparenter à celui que l’éditrice ferait au sein d’une maison d’édition, qui vous accompagnerait dans le processus de réécriture de l’intrigue, de l’histoire, de certains passages à développer et ceux trop longs qui mériteraient d’être simplifiés .

Ce retour est essentiel. Mais avant la publication de votre roman, il manque tout de même une étape. Essentielle, elle aussi.

La correction.

Car vos bêta-lectrices ne sont pas des correctrices. Et confondre les deux, c’est prendre un risque réel avant la publication.

Ce que les bêta-lectrices font

Une bêta-lectrice lit en tant que lectrice professionnelle, anticipant la réaction de votre futur lectorat. Elle réagit à l’histoire, signale les passages où elle a décroché, les personnages qu’elle n’a pas cernés, les retournements de situation qui l’ont égaré. Ces retours sont précieux pour l’auteur·ice qui cherche à savoir si son texte produit l’effet voulu.

Ce qu’elles ne font pas

Une bêta-lectrice n’est pas une relectrice(-correctrice). Aussi attentive et professionnelle soit-elle, son expertise n’est pas de lire un texte avec l’œil formé et expert d’une correctrice professionnelle. Son rôle n’est pas de traquer les incohérences typographiques, ni d’harmoniser la ponctuation sur l’ensemble du manuscrit, ni de vérifier la cohérence des temps verbaux chapitre après chapitre, ni de distinguer un choix stylistique délibéré d’une erreur de syntaxe (ni, cela va de soi, de corriger les erreurs d’orthographe, de grammaire, d’orthotypographie, etc.).

C’est en cela que l’on différencie la lecture de la relecture (qui va avec la correction).

Les deux démarches sont complémentaires

Ce n’est pas l’une ou l’autre : la bêta-lecture et la correction professionnelle interviennent à des moments différents et répondent à des besoins différents. Les bêta-lectrices accompagnent l’auteur·ice pendant la phase de travail sur le fond – la structure, les personnages, le rythme narratif. La correction professionnelle intervient ensuite, une fois que le texte est considéré comme abouti sur le plan narratif, pour travailler la forme avec la rigueur et la méthode qu’un regard amateur, aussi bienveillant soit-il, ne peut pas apporter.

Publier un texte qui a été bêta-lu mais pas corrigé, c’est présenter au public une œuvre qui a été appréciée, mais pas véritablement vérifiée. Et cette différence, le lecteur la ressent, même sans pouvoir la nommer. 

 

Audrey Crétel
AC-Correction

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